Joseph Kabila Kabange à Beni-Lubero
Joseph Kabila voyageait en Hélicoptère Bleu. Avec son hélicoptère, Joseph Kabila avait l’avantage de se poser dans plusieurs petits patelins pour quelques minutes seulement. Il est arrivé à Butembo à 14h10.
Incident protocolaire : Le protocole présidentiel, les commerçants pro-Kabila ainsi que ses partisans de Butembo attendaient le Rais à l’aéroport de Rughenda avec leurs bagnoles et calicots de 100% pour le Rais ! Mais l’Hélicoptère du Rais s’est posé au stade Tsaka Tsaka déroutant le service du protocole. A l’atterrissage, il n’y a pas eu de fanfare militaire pour accueillir le Rais. L’Hélicoptère du Rais qui n’était pas attendu au stade Tsaka Tsaka y a même emporté et soufflé le matériel de la sonorisation qui se trouvait au stade. La conséquence de cet atterrissage imprévu est que les discours du meeting des Kabilistes n’ont été audibles que par ceux qui étaient à 5 mètres du podium. Les bubolais qui étaient à Tsaka Tsaka attendront le soir pour suivre sur leurs postes de radio le message de Joseph Kabila. Une scène de chaotique. Dans la précipitation, le bourgmestre de la commune Kimemi, Mr Bwambale Nyimi, est arrivé sur le lieu 5 minutes après l’atterrissage de l’hélicoptère. Dans la précipitation, Mr NYIMI a joué le rôle du maire de ville pour accueillir le Rais en attendant l’arrivée de ceux étaient à Rughenda. Les voitures du protocole ont roulé vive allure pour rejoindre Tsaka Tsaka au point qu’elles ont failli faire des accidents graves. Le Rais a ainsi démontré qu’il n’avait pas besoin de ce protocole pour atterrir dans un endroit imprévu. La fausse note de cet atterrissage sur un lieu imprévu est la destruction du système de sonorisation. Aussitôt après, une pluie s’est abattu sur la ville. Le Président n’a pas résisté sur le podium construit pour la circonstance. Il s’est aussi refugié comme les communs des mortels sous la vieille tribune qui date de l’époque de Mobutu. Le symbole était magnifique. Pour les anti-Kabilistes, le ciel n’a pas voulu que la messe de Joseph Kabila dure longtemps au cœur de Butembo…
A Butembo, le Président sortant a parlé pendant deux à trois minutes.
A Lubero comme à Butembo, Joseph Kabila a demandé qu’on lui donne la chance d’achever son programme de 5 chantiers. Le point le plus important de son discours est la réfutation de la rumeur répandue à Beni-Lubero selon laquelle une ultime attaque par les rwandais et les ougandais se préparerait au Kivu-Ituri. Joseph Kabila a dit qu’il n’y aura pas de guerre au Kivu avant, pendant, et après les élections. Cela est un signe qu’il est au courant de l’inquiétude des beniluberois qui assistent impuissants à l’afflux des militaires rwandais, de leurs épouses et enfants dans la région.
Le cas de la cité de Lubero où plusieurs écoles primaires se lamentent de l’occupation de leurs salles de classe par les militaires et leurs dépendants, est le plus frappant. A 13h30, quand sonne la fin des cours, les femmes des militaires occupent les salles des classes comme maisons d’habitation. Comme nourriture, elles vont dans les champs d’autrui pour récolter où elles n’ont pas semé. La volaille qui vagabonde dans la cour passe à la casserole des militaires au point que les habitants de Lubero ont appris à construire des poulaillers…. Cela n’est qu’un exemple parmi des milliers, de la triste réalité du terrain que Joseph Kabila et ses thuriféraires ont choisi d’ignorer dans leur discours de campagne. On comprend ainsi pourquoi les habitants de Lubero qui vivent la peur au ventre cette proximité malsaine avec des militaires rwandais, n’ont applaudi ni le Rais Joseph Kabila ni le Gouverneur Kahongya. Plusieurs d’entre eux semblent être venus au stade pour voir Joseph Kabila par simple curiosité.
Dans son discours au state de Lubero Joseph Kabila, a démontré qu’il avait vu les visages renfrognés des habitants de Lubero qui étaient venus l’accueillir. Se faisant l’avocat des militaires rwandais qui mettent les habitants du coin mal à l’aise, Joseph Kabila a dit ce qui suit en Kiswahili : «Mbona muna huruma ! Hawa waaskari munawaona hapa , ni kwa ajili ya securité yenu...mubakie muzuri.. » (Pourquoi êtes-vous tristes ? Les militaires que vous voyez ici sont là pour votre securité… Au revoir).

"IMPOSTEUR T'ES CUIT"
La foule est restée de marbre certainement parce qu’elle ne peut comprendre que des militaires envoyés pour sa securité occupent les écoles primaires, volent les récoltes dans les champs et les animaux de la basse-cour. Seuls la Première Dame Olive Lembe, le Gouverneur Julien Paluku, l’AT du territoire, et les militaires ont applaudi le Rais au stade de Lubero. S’il n’y a pas bourrage d’urnes et si les étrangers et militaires ne votent pas à la place des congolais, Joseph Kabila peut ne pas se faire réélire par les beniluberois qui se disent totalement déçus de son bilan catastrophique.
L’approche de Joseph Kabila est différente de celle d’Etienne Tshisekedi. A Beni-Lubero, Etienne Tshisekedi s’est révélé être le candidat du Peuple. Joseph Kabila par contre est apparu comme le candidat de la bourgeoisie locale. Il en a l’argent. C’est ainsi qu’il s’appuie sur certains gros commerçants locaux et certaines églises déjà bien connus. L’évêque Sikuli n’a été aperçu ni chez Joseph Kabila ni chez Etienne Tshisekedi pour sauvegarder la neutralité de l’Eglise Catholique de Butembo-Beni. Les bubolais ont salué cette neutralité de Mgr Sikuli. Ils n’avaient été contents de le voir au meeting de Joseph Kabila quand ce dernier au lieu de leur dire « pole » les avait injuriés en disant qu’ils s’entretuaient eux-mêmes… [NLDR : La neutralité des évêques et des prêtres est une consigne de la conférence épiscopale nationale du Congo. Pour certains observateurs, il aurait fallu que les prélats catholiques aident leurs fidèles à distinguer le bon grain de l’ivraie. En faisant ainsi ils seraient plus proches de l’Evangile qui veut qu’ils protègent les brebis du Seigneur contre les loups et les lions qui rugissent tout autour de la bergerie]
Les commerçants qui battent campagne pour Joseph Kabila sont ceux-là même qui sont soupçonnés d’avoir reçu l’argent de ….. pour acheter des terres, construire des maisons, des routes, et des ponts dans les contrées devant accueillir les rwandais. Ils ont reçu leur compte. Ils avaient fait de même avec Mobutu. Mais combien des beniluberois les consultent-ils pour savoir pour qui voter ? Très peu. Il faut aussi souligner que la FEC-Butembo aurait reçu quelques millions de $$ de Joseph Kabila pour le projet d’électrification de la ville de Butembo. Cinq ans après la promesse d’électricité, Joseph Kabila a finalement posé la première prière de la construction du barrage hydroélectrique d’Ivugha.
Que dire de thuriféraires de Joseph Kabila ? On a les vu rivaliser d’éloquence pour vendre la candidature du Président sortant. L’amateurisme de ces thuriféraires a plutôt desservi Joseph Kabila. Au lieu de soigner son message et de répondre aux préoccupations des bubolais, ces thuriféraires ont répété comme leur maître les petits slogans de 5 chantiers sans évoquer l’insécurité, les assassinats de plusieurs beniluberois, l’afflux des rwandais dans la région, etc. Ils battent campagne comme si tout allait bien au Nord-Kivu. Par exemple, au stade Tsaka Tsaka de Butembo, le Gouverneur Julien Paluku n’avait rien d’autre à dire que de rappeler que Joseph Kabila était le deuxième Président après Mobutu à y atterrir par hélicoptère [NDLR pour que les bubolais voient pour la première fois un hélicoptère au sol] Il a été hué par la bassesse de ces propos. Heureusement que la majorité de ceux qui l’écoutaient étaient les enfants de l’école primaire Tsaka Tsaka qui étaient forcés d’être là. Le code de bonne conduite selon lequel les candidats aux élections ne devraient pas interférer avec les institutions publiques n’a pas été respecté par Joseph Kabila à l’escale de Butembo. Les autorités administratives ne sont pas libres de leur choix politique, exactement comme du temps du parti unique, le MPR. Les plus courageux l’admettent sous couvert d’anonymat.
Les candidats à la députation nationale de la Majorité au Pouvoir sont les victimes du bilan catastrophique de Joseph Kabila. Au Sud de Lubero, la candidate Juliette Mughole Malambo a été chassée par une foule en furie d’un endroit où elle battait campagne pour elle-même et pour Joseph Kabila. Dans la ville de Butembo, plusieurs candidats de la Majorité au Pouvoir tels Hubert Syahetera et Jeannot Lukambo ont eu le courage de dire de voter pour eux sans donner de consigne de vote pour l’élection présidentielle. Les autres candidats de la majorité au pouvoir qui affichent publiquement leur lien avec Joseph Kabila sont en dégringolade dans les sondages.