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Qu’en serait–il de Kabila non réélu le 6 décembre, s’il osait se proclamer vainqueur ?
Bamba-di-Lelo
De toute évidence, Joseph Kabila ne sera pas réélu président de la République Démocratique du Congo.
Dire cela comme une vérité de l’histoire ne suffit pas. Car par des voies détournées un président africain non élu peut cependant se faire proclamer vainqueur, par manipulation de l’opinion publique, sans oublier et surtout le diktat de la Communauté internationale, souvent complice, et les applaudissements de l’Union africaine, impuissante, élève et enfant docile des puissants, rêveuse à souhait.
Face à ce danger bien connu, qu’en serait-il de Joseph Kabila, non réélu, s’il osait se maintenir à son poste, grâce à la tricherie de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) en dépit de la vérité des urnes ?
En effet, depuis que le démarrage de la campagne pour les élections du 28 novembre 2011 a été donné, tous les candidats présidentiables ou députés, retenus par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) ne peuvent pas encore se rendre à l’intérieur du pays pour mener campagne auprès de leurs bases respectives, par manque d’avions ou autres moyens de transport appropriés.
Sauf, exceptionnellement, et tout récemment, pour Vital Kamerhe, qui vient de boucler avec succès sa tournée dans la province de Bandundu, patelin où il a grandi et passé sa jeunesse.
En dépit d’une attente inquiétante et prolongée, Etienne Tshisekedi venait de s’offrir, miraculeusement, à partir de l’Afrique du Sud, un avion de campagne, qui lui permet aujourd’hui de se mouvoir à travers la République, sans aucune contrainte apparente.
La majorité présidentielle, grâce aux finances publiques, aurait réquisitionné tous les avions et autres moyens de transport pour faire ombrage à l’opposition qui, malheureusement, n’a pas pu anticiper, ni prévoir ce coup bas du pouvoir, pourtant prévisible devant la stratégie politique machiavélique habituelle.
Point n’est besoin de rappeler que si les élections de 2006 ont connu, à l’époque, un certain bémol, suite au désistement de Jean Pierre Bemba, qui avait dû accepter l’inacceptable, bien que s’estimant vainqueur des élections, aujourd’hui, c’est-à-dire devant les élections de 2011, le contexte ne se prête plus du tout au même échec.
En effet, le peuple congolais animalisé et chosifié, devenu réfugié dans son propre pays et dont le degré de précarité est à l’extrême, considère que ses cris de détresse ne sont pas pris en compte par la Communauté internationale pour faire changer la donne. Or, chacun aspire à jouir des avantages de la paix, de la sécurité et du bien-être indispensable à tout être humain, et est prêt à se soulever pour défendre ses droits et intérêts majeurs au cas où la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) proclamerait par défi, en date du 6 décembre 2011, Joseph Kabila président de la République Démocratique du Congo, pour un second mandat, qui serait manifestement un mandat de trop !
L’assassinat de Floribert Chebeya et de son chauffeur Bazana, d’Armand Tungulu et de tant d’autres compatriotes congolais, survenu dans des conditions suspectes et non élucidées à ce jour, continue à bouleverser les esprits des Congolais qui s’estiment abandonnés par la Communauté internationale, car celle-ci, apparemment, a déjà choisi son camp pour n’avoir, jamais un seul instant, pris l’initiative d’isoler ce régime sanguinaire comme ce fut jadis le cas pour le président Mobutu, lors du massacre supposé ou réel des étudiants du campus de Lubumbashi, en mai 1990 dont aucune preuve du véritable massacre ne fut présentée, in fine, à ce jour, à l’opinion tant nationale qu’internationale.
Pourquoi traite-t-on souvent la République Démocratique du Congo d’une manière si injuste ? Elle est victime, cela va sans dire, de « deux poids, deux mesures ».
Le sang des Congolais peut souiller notre sol, on n’en a cure, mais seul pourra émouvoir le sang de l’agresseur ou de l’imposteur du peuple congolais.
Les intérêts colossaux qui sont en jeu au Congo ont fait main basse sur la dignité et le droit à exister en paix chez lui du peuple congolais.
L’expédition punitive et le massacre des adeptes de Bundu dia Kongo, dans la province du Bas-Congo, n’a jamais non plus inquiété le président sortant, Joseph Kabila, dans son choix de faire peur aux Congolais tentés de défendre leur droit à leur subsistance et à la survie.
Ne parlons pas des morts enregistrés chaque jour à l’Est du pays, des mères et jeunes filles violées au Nord et au Sud du Kivu par des bandes armées feignant d’ignorer que le corps de la femme est le temple de la vie, qui est pourtant transformé en arme de destruction massive !
L’impuissance de l’Etat et son inexistence de fait, la crainte, sans cesse croissante, de la balkanisation du pays et l’opulence insolite de quelques mandataires publics provoquent, dans le subconscient de tous les Congolais, épris de paix et de justice, l’esprit de révolte et le désir de prendre en main leur destin, afin que cesse la néo-colonisation que les dirigeants négriers font subir à leurs propres concitoyens. Ce qui est une humiliation insupportable dès l’instant où l’on se rend compte qu’on est géré à la tête de l’Etat par un imposteur prêt à sacrifier notre patrimoine commun, à vil prix, aux Chinois et à tant d’autres prédateurs de tout bord de par le monde des multinationales.
Ne dit-on pas que le poisson pourrit d’abord par la tête ? Et par contagion, le reste du corps en devient aussi pourri et mérite donc par réflexe un rejet méthodique et automatique de surcroît.
En dépit de mon analyse, je constate avec amertume que les membres de l’opposition au président sortant Joseph Kabila sous-estiment l’adversaire en face d’eux, en traînant inutilement les pieds, voire en brandissant, comme acquise, une victoire à portée de main, ce qui est une aberration aggravante, alors que la politique n’est pas une science exacte mais bien un domaine imprévisible.
Puisque l’heure est grave, il est urgent et impératif pour la vraie opposition de taire ses divergences, de soigner sa cellule de communication, et de fédérer tous ceux et toutes celles qui se disent patriotes. On doit tout faire pour rendre crédible la revendication légitime du peuple congolais afin que le 6 décembre 2011, le vœu des Congolais, hommes et femmes, triomphe, en portant à la tête du pays un véritable leader issu de l’opposition pour une saine alternance démocratique, faute de quoi on risquerait de plonger le pays dans un chaos de désespoir et dans une crise de légitimité sans précédent.
C’est à ce prix-là que la Communauté internationale saura que le Congolais n’est pas seulement une « BMW », c’est-à-dire un suiveur de femmes, ni amateur d’alcool, et/ou friand de billets de banque, roulant dans des voitures de luxe, mais que, parmi eux, il y a ceux et celles qui ont aussi des idées et qui réfléchissent comme Platon et Socrate pour transformer leur pays, la République Démocratique du Congo, et peut-être l’Afrique dans le monde.
Bamba-di-Lelo
Docteur en Sciences politiques de l’UCL
Analyste des questions politique du Congo
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